
Comment parler des VN sans évoquer le classique Da Capo et ses multiples déclinaisons, telles Dream X’mas, Innocent Final, Plus Communication, et j’en passe ? Bien que Shuffle! soit mon premier amour dans le merveilleux monde des VN, j’ai véritablement commencé l’aventure avec Da Capo, développé par Circus et sorti en 2002. Vous me demanderez alors : « Tu n’as pas aimé Da Capo et c’est pour ça que ce n’est pas ton premier amour ? » Et là, je vous répondrai : « En fait, j’ai adoré, mais à cause de quelques erreurs de jeunesse que je vous raconterai dans cet article, je l’avais abandonné sans sommation au profit de Shuffle! »
À l’époque où je venais d’entamer cette aventure, je ne connaissais pas grand-chose sur le sujet, mais j’en savais assez pour ne pas faire l’agaçante confusion « visual novel = eroge ». Ainsi, j’ai choisi l’un des titres les plus classiques du genre, à savoir D.C, et c’était avec fébrilité que je m’étais lancé dans ce nouveau continent inexploré par moi.
L’histoire de Da Capo prend place dans une île japonaise imaginaire, Hatsune Jima, qui a la particularité d’abriter des cerisiers éternellement en floraison. Le lecteur incarne alors Jun’ichi Asakura, un élève de l’Académie Kazami, qui mène une vie tranquille aux côtés de sa sœur adoptive, Nemu Asakura. Leur quotidien s’avère assez fade, jusqu’à ce que leur cousine, Sakura Yoshino, revienne d’Amérique après plusieurs années d’absence. Étrangement, Sakura n’a pas du tout changé et possède encore un corps d’enfant. En outre, Jun’ichi a la faculté de voir les rêves des autres et de faire apparaître des sucreries dans sa main, et il ne semble pas être le seul à avoir des pouvoirs surnaturels. Tous ces phénomènes paranormaux semblent avoir un facteur commun : le grand cerisier de l’île, celui qui ne fane jamais.
Vous en conviendrez sûrement, le scénario ne donne pas d’autres issues qu’un galge shuffle-like. Dès le départ, il y a une ambiance magique qui se dégage de l’histoire. Comment ne pas succomber au mystère de cette île emplie de cerisiers toujours fleuris ? Tout comme Shuffle!, plusieurs filles sont proposées et le lecteur doit séduire chacune d’entre elles en vue de découvrir leur histoire personnelle, qui a toujours un côté dramatique. Pour le moment, et je crois l’avoir déjà dit, aucun des VN auxquels j’ai joué n’a fait l’impasse sur les thèmes tragiques. Est-ce le support rêvé pour ça ? En tout cas, ça a son efficacité vu que le lecteur se sent davantage concerné par le scénario qui défile au rythme de son clic gauche, que lorsqu’il regarde passivement un anime.

Dès le début, on a droit à une ambiance mystérieuse.
On a droit aux situations classiques du genre : une sœur mignonne mais très possessive qui vit avec le héros (sœur adoptive, qui plus est !), une loli survoltée qui crie des « Onii-chan ! » toutes les deux secondes, une idole de l’école qui tombe sous le charme du héros… Moi, ça ne m’a pas dérangé des masses, surtout que le background de chaque personnage se voulait recherché.
Si j’en reviens à mes anecdotes personnelles, il y avait un élément du système que je ne comprenais pas, en bon débutant : l’importance du « je-te-colle-partout-où-tu-es ». Je ne l’avais pas saisi à l’époque. Au lieu de faire les bons choix pour ne suivre qu’une seule des héroïnes et ainsi accéder à sa route, j’allais par-ci par-là, sans trop de logique et au gré de mes envies. Résultat : une interruption brusque du VN, une sorte de game over pour les lecteurs qui n’ont pas réussi à faire les bons choix. Tétanisé et extrêmement déçu par le VN – oui, comme un idiot, je croyais que le VN s’arrêtait là, alors qu’en toute logique, j’aurais dû m’apercevoir que je n’avais rien débloqué comme CGs – j’ai arrêté D.C et me suis consolé devant Shuffle! qui avait eu la bonne idée de nous mettre dans une route par défaut en cas de choix illogiques.
Une fois le système compris – il était temps… –, je suis retourné sur D.C pour essayer de séduire cette tripotée de nanas qui n’attendaient que moi et mon charme d’apollon. Mais, problème : ce n’est vraiment pas facile de faire les bons choix ! Au lieu de proposer uniquement et simplement des choix textuels, D.C propose un système de réveil qui oblige le lecteur à sélectionner une heure parmi trois différentes, juste avant que le personnage n’aille se coucher. Bien entendu, l’heure à laquelle Jun’ichi va se réveiller influencera les rencontres féminines de la journée, et donc aura un impact sur la route dans laquelle va être propulsé le lecteur. Et bien entendu (bis), le lecteur doit s’accrocher pour tester les différentes combinaisons, mais moi, j’admets avoir triché pour ne pas perdre patience – je sais, la honte… –.

Au lieu de se contenter de ça, on a...

... ça (autant chercher la fille dans une botte de foin...)

... et ça !
Le problème au niveau de l’intrigue, c’est le début, le tronc commun. Ce n’est pas très passionnant de voir Jun’ichi se lever chaque jour, marcher jusqu’à son lycée, papoter avec ses amis, rentrer à la maison, dormir après avoir réglé cet encu** de réveil, se lever encore, marcher jusqu’à son lycée… La monotonie s’installe très rapidement chez le lecteur qui se trouve dans une espèce d’inertie, les yeux vagabondant sur un texte dénué de véritable intérêt. Je veux bien que les développeurs désirent retranscrire le quotidien d’un élève au Japon, mais ils auraient pu faire quelque chose de plus digeste, à l’exemple de Shuffle!. Dans ce dernier, les passages dans l’école étaient bien moins lourds.
Il faudra alors attendre le moment où l’on entre véritablement dans une route pour que l’histoire déploie ses ailes. Et quand cet instant arrive, le lecteur se dit : « Eh beh, ce n’est pas trop tôt ! » Le ton tragique des routes casse avec la frivolité du début, comme dans le cas de Shuffle!, et probablement aussi dans le cas d’autres galge qui se doivent de dépasser le simple comble-fantasme de l’otaku moyen. La magie du cerisier éternel occupe une très grande place dans l’histoire, et elle est quasiment le symbole de Da Capo. Le lecteur et Jun’ichi s’apercevra au fil du temps que ce cerisier qui attire autant les touristes n’est pas étranger à la plupart des phénomènes inexplicables et à certaines tragédies. Quand le lecteur a terminé toutes les routes à sa disposition, il est récompensé par deux routes en plus et par un petit supplément de compréhension de l’intrigue concrétisé par un mode « D.C » accessible dans le menu principal.
Au niveau des dessins, c’est assez inégal. Là où Nemu, Sakura et Kotori sont magnifiques, les autres personnages le sont moins, ce qui est imputable à un changement d’artistes car les trois filles citées sont celles dessinées par Naru Nanao, laquelle possède un style galge bien à elle qui correspond parfaitement au genre et à mes goûts. Il n’empêche que la qualité des CGs reste très bonne, bien qu’en dessous d’un ef – a fairy tale of the two (adversaire redoutable dans ce domaine).

Ca reste vraiment très joli !
Quant aux musiques, elles sont de bonne facture. On a de la diversité, entre musiques entrainantes et joyeuses, et d’autres beaucoup plus sombres ou mystérieuses. On retiendra ainsi la piste Small Cherry ~Promised bell~ qui est chantée par Mami Nakayama. Elle apparaît surtout à la fin des routes, lors des conclusions et des révélations. On ne peut pas passer à côté d’elle, elle est incontournable tellement les situations qu’elle accompagne sont mémorables.
Ayant vu l’anime, je vais également faire une petite critique pour comparer l’adaptation au VN original. Sur le plan scénaristique, on a droit, comme pour l’adaptation de Shuffle!, à un mixte de toutes les routes du VN tout en maintenant la prééminence d’une route en particulier (celle de Nemu). L’anime se décompose en deux saisons de chacune vingt-six épisodes, la première reprenant l’histoire du VN de base, et la deuxième la version Plus Communication, semble-t-il, avec la présence de personnages absents dans le Da Capo normal, tels que Kudou ou Alice (mais peut-être pas pour Aisia…).
La première chose qui nous frappe en regardant l’anime, c’est la couleur de cheveux de Jun’ichi ! Il a les cheveux châtain dans l’adaptation, alors que les CGs du VN montrent clairement qu’il a les cheveux noirs. Cette erreur a été corrigée dans la seconde saison, et c’est tant mieux (c’est le genre de détail qui me tue) ! Ensuite, le chara design a subi des changements, adaptation oblige, et il faudra mettre un certain temps à s’y habituer.

Dans le VN : cheveux noirs !

Dans la première saison de l'anime : cheveux châtain T__T
J’ai trouvé dommage que l’anime n’ait pas repris les seiyuu du VN, mais bon, il y a Yukari Tamura (Nanoha dans MSLN) qui fait la voix de Sakura Yoshino, et c’est donc un sacrifice qui n’est pas vain.
Dans l’ensemble, c’est une adaptation qui reste plutôt bonne, mais je vous conseillerais de terminer le VN avant car elle n’hésite pas à inclure les routes bonus, ce qui retire tout suspense et intérêt à les débloquer dans le VN.
Pour en revenir au VN, il est ma foi fort sympathique et on passe un agréable moment avec les personnages, bien que le début soit assez laborieux. Si vous tenez à entrer dans le monde des VN tout en douceur, je vous le conseille, mais munissez-vous d’un walkthrough parce que régler le réveil et trouver où se cachent les demoiselles ne sont pas une mince affaire !
La critique de Da Capo 2 arrivera prochainement.

C’est moi ou t’oublies de parler de l’essentiel :p
J’ai eu exactement la même réaction que toi à la fin de ma première partie de Ever17, le premier VN avec différentes routes que j’ai lu. Complètement dépité par la mauvaise fin, j’ai boudé le jeu pendant quelque temps.
Sinon le style aller à l’école, discuter, rentrer dodo semble classique, assez présent aussi dans Clannad mais une fois une route déclenchée la routine change bien sûr… et la vie du héros prend un sens par la même occasion =)
Je tenterai Da Capo un jour. L’anime sûrement pas.
“C’est moi ou t’oublies de parler de l’essentiel :p”
Mmmh, c’est vrai que j’ai plus parlé de mes anecdotes que de certains points de l’histoire. Le problème, c’est que je tiens à éviter de spoiler en présentant de manière trop précise… Il faut que je trouve un équilibre entre bien présenter le jeu et présenter sans spoiler. Pas si simple :/
Sinon, pour l’aspect répétitif du quotidien du héros, je parle surtout en pensant à deux VN comme Utawarerumono ou ef – a fairy tale of the two où cet élément est absent dans le premier, et beaucoup beaucoup moins barbant dans le deuxième (bon, il faut admettre qu’on est dans une route dès le début…).
Moi, j’ai bien apprécié l’anime de Da Capo =3 Ça ne vaut pas le VN, mais ça reste assez correct.
Je voulais juste dire que tu ne parlais pas des scènes interdites, de leur intérêt, de leur intensité, de leur forme, etc. (Bref, un troll gratuit de ma part c’est tout!)
Sinon moi aussi je cherche encore un VN qui ne verse pas dans la dramaturgie. Mais bon il me reste une multitude de titres à aborder…
“Je voulais juste dire que tu ne parlais pas des scènes interdites, de leur intérêt, de leur intensité, de leur forme, etc. (Bref, un troll gratuit de ma part c’est tout!)”
Ah, en effet, je n’ai pas du tout traité ce point ! Je tiens à ce que mon blog soit tout public, alors je me dispenserais de ce genre de détails xD Il n’empêche, pour être franc, que les scènes étaient plutôt timides, assez soft par rapport à ce que j’ai pu voir ailleurs…
“Sinon moi aussi je cherche encore un VN qui ne verse pas dans la dramaturgie. Mais bon il me reste une multitude de titres à aborder…”
Il faudra chercher et chercher ce genre de perles ! Pour le moment, que des histoires dramatiques à l’horizon.
J’ai enfin bien avancé dans le jeu, donc je postes ici (même si personne ne va me lire :p)
Le côté dramatique est nécessaire, sinon on se retrouverait devant un épisode des feux de l’amour. La route de Nemu et celle de Moe sont juste mémorables (pas encore fait celle de Sakura).
Celle de Mako est anecdotique et celle de Kotori, juste “normale” (son “passé” est plutôt simple/cliché).
Les scènes H sont clairement identifiables avec un choix entre “tu viens chez moi ?” et “à plus” (notamment pour Kotori) et bien dispensable dans l’histoire (d’où le fait qu’il existe une version tout public sur PS2). Alors que dans un jeu comme Koihime Musou, même si le début est très bon avec des “combats”, la fin se résume à du blabla avec scène H à chaque fois, et ça me gave un max.
Hé, détrompe-toi, il y aura au moins une personne qui va te lire, à savoir moi, en l’occurrence =3 (est-ce que par hasard, tu supposerais que personne ne visite mon blog ? xD )
En fait, j’ai totalement la même avis que toi sur les routes du jeu, et pour être franc, la route de Sakura ne m’a pas tant marqué que cela.
Les scènes H dans Da Capo servent juste à appâter les lecteurs, donc, on se contente du minimum syndical sans lui donner d’importance.
Puisque tu as avancé dans Da Capo, cela supposerait-il que tu n’aies pas encore commencé Da Capo 2 ? Ou bien as-tu inversé l’ordre de lecture ? =3
Je me doute que tu le liras, mais le lecteur lambda, à moins de chercher da capo expressement, n’a que peu de chance de tomber ici :p
Non, pas encore commencé Da Capo 2, je veux finir le 1 à 100% avant. (notamment Miharu)
Adieu desu~ !
Oh, détrompe-toi, il y a bien des visiteurs qui arrivent à tomber sur mon blog en cherchant un VN, ne t’en fais pas =3
Je vais te dire un truc : je trouve Da Capo 2 largement mieux que le premier ! Chanceux que tu es, à ne l’avoir pas encore commencé !