J’inaugure le début d’une période d’accalmie dans ma vie d’étudiant par cet article, qui fait suite au précédent sur les termes propres au visual novel. Le présent billet vise à donner des conseils pour vivre une expérience agréable, sinon pleine, dans le joyeux monde des VNs. Bien entendu, je ne cherche pas à imposer ces conseils, ce sont juste des propositions que vous êtes libre de respecter ou non. Ne perdons pas plus de temps, voici donc mes dix conseils en la matière !

1. Commencer par un VN court

Afin d’apprécier pleinement l’univers des VN, il faut encore se lancer ! Et ça, ce n’est pas une mince affaire, surtout pour le néophyte qui se retrouve devant une masse de titres sans savoir vers lequel se tourner. D’ailleurs, c’est souvent le premier contact avec cet univers qui conditionne l’intérêt futur. Et il faut le dire franchement, même un VN aussi populaire que Clannad n’est pas le plus apte à transmettre la flamme de la passion aux néophytes. La raison est simple : le VN est très, très long.

A moins d’éprouver un intérêt sans failles pour les VN, ce qui est rare lorsqu’on découvre tout juste ce média, la longueur démesurée de certaines œuvres a de fortes chances de rebuter le néophyte.

Ainsi, le mieux serait de débuter avec des VN qui ne dépassent pas la dizaine d’heures, de sorte que le nouveau lecteur s’y habitue, trouve ses repères, s’imprègne de l’atmosphère propre à un VN, tout en ayant l’occasion de le terminer rapidement, lui permettant ainsi de se faire une idée sur ce qu’il vient de vivre. Si vous voulez essayer de mettre un ami aux VNs, il faut éviter de précipiter les choses en lui proposant VN long (même si vous le trouvez incontournable), surtout s’il n’en éprouve guère l’intérêt. L’idéal est de le convaincre en prétextant le peu de temps que cela lui prendra, et normalement, ça devrait faire son petit effet une fois qu’il l’aura terminé (à supposer qu’il le termine, et si ce n’est pas le cas, c’est là que vous intervenez).

Ah, Narcissu… Toujours un pincement au cœur quand j’y repense.

Comme titre à proposer, rien de tel que ceux proposés par la team Kawa Soft ! Narcissu et True Remembrance sont vraiment d’excellents VNs pour commencer (d’ailleurs, mes avis sur ces deux-là sont présents sur le blog), dotés chacun d’une histoire touchante, de dessins charmants, et de musiques marquantes. Vu que ce sont des kinetic novels, il n’y a pas de choix qui risqueraient de frustrer le néophyte ; et si jamais il est justement intéressé par cet aspect-là des VNs, vous n’aurez qu’à le guider vers d’autres œuvres en proposant.

Ce qui reste toutefois problématique avec les VNs, c’est la langue. Raison de plus pour débuter avec Narcissu ou True Remembrance, disponibles en français grâce à Kawa Soft.

2. Améliorer son niveau d’anglais

Savoir lire l’anglais est une condition primordiale chez tous ceux qui espèrent aller loin dans l’aventure. Et pour cause, la très grande majorité des VNs traduits ne sont disponibles qu’en anglais, et seule une poignée d’entre eux sont ensuite traduits en français. Je salue au passage l’initiative des team de traduction Kawa Soft (que je cite tout le temps), Tsukiyo-Novel (ayant traduit Red Shift et Ripples) et White Dream (pour le patch français de Kanon qui sortira prochainement).

Si seulement avoir un faible niveau en anglais à l’oral pouvait être aussi mignon… ❤

Bien sûr, un bas niveau d’anglais ne doit pas être un obstacle insurmontable. Il faut prendre son courage à deux mains, et faire des efforts afin d’améliorer sa connaissance de la langue, qui ne servira pas seulement à lire des VNs mais aussi à s’insérer dans le monde professionnel plus tard. Les VNs peuvent justement être un excellent moyen de perfectionnement de son anglais. En ce sens, gardez un dictionnaire anglais-français à portée de main, il vous sera utile pour enrichir votre vocabulaire à chaque fois que le sens d’un mot vous échappera. Et la progression va très vite.

Ainsi, améliorer son anglais est à la fois une condition pour élargir l’éventail de VNs pouvant être lus, mais aussi une conséquence de cette lecture.

3. Être dans un lieu avec peu de passage

Ce conseil s’applique essentiellement aux eroge. Autant il est parfaitement envisageable de lire Clannad dans le salon avec le petit frère, la petite sœur, ou les parents qui font des allers-retours, autant il est complètement suicidaire de le faire avec Wanko to Kurasou. Je peux vous dire qu’une scène H qui bondit sans prévenir est déjà une expérience désagréable en soi (pour moi, surtout), mais en plus, si cela se produit au moment où un œil indiscret regarde l’écran, vous êtes condamné ! Je n’évoque même pas la possibilité des enceintes poussées au maximum lorsque la scène en question est doublée…

La tête que l’on fait quand une scène H apparait et que la famille est juste à côté >__<

Vous avez donc grand intérêt à lire un eroge dans votre chambre ou dans un endroit peu fréquenté, avec un casque sur les oreilles le cas échéant, si vous tenez à éviter une situation embarrassante. Vous n’apprécierez que davantage le VN.

4. Apprendre à faire les bons choix

Mis à part dans le cas des kinetic novels, un VN se caractérise par la présence de choix censés influer sur le déroulement de l’histoire. Si le VN en question dispose de plusieurs routes différentes (ou accessoirement des fins différentes), faire les bons choix vous permettra d’y accéder directement.

Il faut distinguer les choix essentiels des choix facultatifs, les premiers devant impérativement être faits pour tomber sur une route déterminée, les seconds n’ayant qu’un impact moindre.

Selon les VNs (surtout les galge), les choix sont plus ou moins évidents, notamment lorsque l’héroïne qui vous intéresse fréquente toujours un endroit en particulier : par exemple, la meganekko silencieuse qui adore lire, et qui passe miraculeusement sa vie à la bibliothèque. D’ailleurs, la technique la plus logique pour finir avec la fille ciblée dans un galge est ce que j’appellerais la technique du « stalker » (ou plus familièrement, le « je-te-colle-aux-fesses-car-je-veux-les-voir-dans-une-H-scene »). La technique du « stalker » consiste à coller la proie partout où elle se trouve, ne pas la lâcher d’une semelle, en faisant toujours des choix en rapport de près ou de loin avec elle. Soit dit en passant, une erreur fréquente commise par les débutants est d’être indécis et essayer de satisfaire chacune des demoiselles, ce qui est tout à fait normal : elles sont toutes si mignonnes, pourquoi en choisir une et ignorer les autres ? Eh bien, parce que sinon, le héros ne finit avec personne. Hé, il ne faut pas désespérer, vous pourrez faire les routes des autres héroïnes après !

Tout cela, c’est sans compter certains VNs qui s’obstinent à proposer des choix très casse-têtes dont les conséquences sont difficiles à deviner (cf. Da Capo, le réglage du réveil). Ça peut être très frustrant…

Heureusement que je n’ai pas encore vu un truc pareil dans un VN ! J’adore la tête de Keima et d’Elsie x)

Dans tous les cas, il y a trois principales méthodes pour se sortir de ce bourbier de choix, et que j’avais déjà mentionnées dans mon précédent article sans développer :

Le Save&Load : Sans doute la technique la plus utilisée par ceux qui veulent terminer un VN par leurs propres moyens. Ça consiste à sauvegarder chaque fois que le lecteur est confronté à un choix pour y revenir dessus s’il est bloqué ou s’il veut accéder à une autre route en chargeant le slot. La difficulté réside dans le fait que des VNs tels que Clannad (je le cite beaucoup dans cet article, dis donc) sont truffés de choix et il sera à la fin très compliqué de s’y retrouver. Heureusement, certains VNs comme Da Capo offrent la possibilité d’écrire des notes sur chacun des slots de sauvegarde, ce qui facilite la tâche. En plus de celle-là, il existe une méthode complémentaire.

Voilà à quoi ressemble un arbre de choix =3 C’est souvent plus compliqué que ça.

L’arbre des choix : Cette méthode a l’avantage d’établir plus clairement la façon d’accéder à une route. Pour ce faire, il faut commencer par faire un trait. Arrivé à la première proposition de choix, divisez ce trait en autant de traits qu’il y a de choix en prenant soin de noter le contenu de chacun. Si vous optez pour le choix X, attendez la seconde proposition de choix pour compléter les branches de choix, comme vous l’avez fait au début. Vous continuez ainsi de suite, jusqu’à tomber sur une route. Si vous n’êtes pas satisfait, vous n’avez qu’à changer votre dernier choix et voir ce qui se passe. Si vous êtes encore insatisfait, vous remontez encore au choix précédent (avant-dernier donc) et voyez ce qui se passe, et ainsi de suite. C’est assez théorique dit comme ça, mais ce n’est pas compliqué à mettre en œuvre. Il est préférable d’utiliser l’arbre des choix avec la technique du Save&Load.

Le gros désavantage de cette méthode, vous l’aurez compris, c’est le temps et la motivation. Et quand vous n’en avez pas, une autre solution s’offre à vous, pas la plus noble.

Le recours à un walkthrough : Se servir d’une liste de choix déjà toute faite peut s’avérer indispensable quand les choix sont non seulement nombreux mais aussi dépourvus de logique. Je pense qu’il ne faut pas hésiter à utiliser un walkthrough en cas d’impasse, ce n’est pas quelque chose dont on doit avoir honte. La vraie honte serait, selon moi, de lâcher un excellent VN sous prétexte qu’on est bloqué dans les choix. Mais s’ils sont évidents, gardez-vous d’utiliser les walkthrough à tort et à travers, ça enlève le peu d’interaction que possède ce média (hors KN), et dans cette hypothèse, il perd indéniablement de son intérêt.

Tout ça pour dire que savoir faire les bons choix conduit à une meilleure appréciation du VN. J’en sais quelque chose, car j’ai moi-même boudé Da Capo parce que j’ignorais pourquoi je n’atterrissais dans aucune route. Il m’arrive encore de sourire en y repensant.

5. Se servir correctement du bouton « skip »

Ce bouton « skip » (en principe, la touche « Ctrl » de votre clavier) a généralement deux effets : soit il fait passer à toute vitesse le texte de manière indifférente, soit il ne fait défiler que les passages que vous avez déjà lus. L’effet du bouton « skip » peut être réglé dans le menu option du VN, ou bien l’un de ces deux effets est imposé par défaut.

Le « skip » est très pratique pour plusieurs raisons : d’abord, c’est un moyen très efficace pour prendre une nouvelle route après en avoir fini une, les passages déjà lus étant survolés. Ensuite, il permet de ne pas s’attarder sur les scènes H si vous n’êtes pas intéressé par ces choses frivoles. Mais il peut aussi être utilisé à mauvais escient, justement dans le but de passer les « passages inutiles » et d’atteindre plus vite les scènes H (si l’eroge a une histoire intéressante, c’est déconseillé, hein)…

Autant dire que tout lecteur de VN qui se respecte doit impérativement savoir faire usage de ce bouton si pratique qui évite au lecteur de lire et relire les mêmes lignes (ce qui peut être lassant à la longue et nuire au plaisir).

6. Ne pas s’arrêter à une seule route

Cela s’applique surtout aux galge. Le lecteur peut parfois avoir un « coup de foudre » pour une seule des filles proposées et ne vouloir faire que sa route parce que les autres ne l’intéressent pas. Or, cette attitude est un très bon moyen pour gâcher l’appréciation d’un VN. Il faut partir du principe que l’histoire n’est saisissable dans son intégrité que si chacune des routes a été suivie, sans quoi des pans entiers de révélation resteront en suspens (ce qui est encore plus visible dans Ever 17). Le passé d’une des héroïnes peut éclaircir celui d’une autre, un personnage secondaire dans telle route peut occuper une place centrale dans une autre, etc. Ajouté à cela, il est possible qu’une route secrète soit uniquement déblocable si aucune des héroïnes n’a été ignorée. Et puis, on ne peut pas écarter la possibilité qu’une autre fille puisse ensuite retenir votre attention.

Ainsi, il y a beaucoup de désavantages à se contenter d’une seule route, même si elle est qualifiée de principale, d’autant qu’il serait dommage de se priver d’une grande partie du travail réalisé par les producteurs.

7. Ne pas couper le son

Lire un VN sans le son, c’est comme lire un VN en fermant les yeux : ça n’a que peu d’intérêt. Et pour cause, l’ambiance sonore ne doit pas être négligée (cf. Sound Novel). Les OSTs d’un VN occupent beaucoup d’importance dans la lecture, car ils marquent l’atmosphère, donne le ton (tragique, frivole, mélancolique, etc.), et bien souvent, reste plus entier dans l’esprit du lecteur que l’histoire (dont il ne subsiste que quelques bribes par-ci et par-là). D’ailleurs, il suffit de faire le test en écoutant une piste de VN quelques mois plus tard (si vous avez déjà lu Narcissu, essayez avec Rather Than a Life of Finality) : toute la mémoire rejaillit d’un coup, le corps est parcouru d’un frisson qu’il est vain d’arrêter, des images se succèdent en flash… Les œuvres de Key se servent aussi de la musique comme d’un déclencheur de larmes, et ce n’est pas dépourvu d’efficacité (c’est l’expérience qui parle).

Et pis, ce serait bien dommage qu’un Sound Novel devienne un Novel tout court =/

8. Éviter toute source de spoils

Je pense que ça s’applique partout : il n’y a rien de plus déconseillé que de se spoiler sur un VN, surtout s’il s’agit d’un nakige où le drame ne doit pas être connu à l’avance pour avoir le maximum d’impact sur le lecteur. Après, une scène triste peut l’être à tel point que la connaissance anticipée de l’évènement n’est qu’un minuscule détail, mais cela nuit malgré tout au plaisir. Ainsi, évitez les sites comme Wikipédia qui, en présentant l’histoire et les personnages, n’hésitent pas à tout raconter dans une volonté d’exhaustivité.

Il me semble inutile de m’étendre sur ce point, tout le monde sait à quel point le spoil peut être terrible.

9. Collectionner les CGs

Je ne sais pas vous mais c’est un petit plaisir que j’aime m’accorder, à l’instar d’un jeu. Voir la bibliothèque de CGs complètement remplie signifie par la même occasion que le VN a été exploré dans sa globalité, et donc que l’on a épuisé au maximum. Certains VNs s’en servent d’ailleurs comme d’un indicateur de progression de l’histoire/route (cf. Shuffle!).

Oui, ça se voit que je n’ai pas avancé dans Da Capo I.F...

10. Attendre les patchs de traduction

Comme la très grande majorité des VNs sont en japonais et que peu sont en anglais en comparaison, la tentation est forte de les lire directement dans la langue originale. Il existe pour ce faire des logiciels qui permettent de faciliter une telle lecture pour les non-japanophones, et les plus utilisés sont le combo AGTH et Atlas. AGTH (Anime Games Text Hooker) sert à extraire les lignes de texte qui s’affichent dans le VN et les met dans le presse-papier, tandis qu’Atlas est un logiciel qui traduit du japonais vers l’anglais. Vous l’aurez compris, le résultat d’une telle combinaison est évident : Atlas récupère les lignes de texte extraites et les traduit sur-le-champ en anglais. Le principal défaut, c’est la traduction assez approximative, d’autant que les noms des personnages (ayant souvent un sens) sont également traduits, ce qui peut donner des choses parfois ridicules… Si le VN est doublé et que le lecteur est un habitué de la japanimation, il pourra sans doute deviner le contexte quand la traduction est trop obscure, mais ça reste déconseillé.

En effet, selon moi, mieux vaut attendre un patch de traduction créé par des teams compétentes que s’essayer à un jeu de décodage au risque de gâcher la bonne compréhension de l’histoire. Je trouve plus frustrant d’avoir peur de mal comprendre un VN que d’attendre la sortie d’une bonne traduction, laquelle me permettrait d’apprécier complètement l’expérience. Et si jamais c’est un VN que vous attendez depuis des siècles et qui ne sera peut-être jamais traduit, apprenez le japonais. Après tout, le vrai fan est celui qui prend son mal en patience pour ne rien manquer d’une œuvre, pas celui qui se lance dans l’aventure en prenant le risque d’ignorer ses enjeux fondamentaux.

11. Conseil bonus : boire un bon thé vert à la menthe ~ !

Quoi de mieux qu’une bonne tasse de thé vert à la menthe pour accompagner un visual novel ? Que ce soit en vrac ou en sachet, ce thé accompagnera vos moments de lecture et vous procurera l’énergie et la concentration nécessaires pour tenir longtemps devant l’écran !

Oui, j’adore le thé vert à la menthe, et si vous en buvez, ayez une pensée pour moi ! ❤

Mieux encore, buvez du thé préparé par Lily ! ;D