Si vous avez un minimum de connaissances sur la culture populaire japonaise, alors vous avez surement dû entendre parler du logiciel Vocaloid développé par Yamaha Corporation, qui permet grâce à une banque de voix préenregistrées de créer des chansons, et de ses mascottes telles que Hatsune Miku, Kagamine Rin et Len, Megurine Luka, et j’en passe. Je suis moi-même assez fan des chansons créées avec ce logiciel (avec une préférence pour Melt, World is Mine et Love is War), bien que mon savoir sur ce domaine soit restreint au strict minimum.

C’est donc avec une certaine curiosité que j’ai entamé Mirai no Kimi to, Subete no Uta ni (MikuKisu) et Rin ga Utau, Mirai no Neiro (Suzunone), deux VNs produits par le cercle amateur Supplement Time et sortis en 2007 et 2008, le premier mettant en scène le personnage de Hatsune Miku, sans doute le plus connu des personnages de Vocaloid2, et le second donnant une suite à l’histoire du premier tout en ajoutant la partie sur Kagamine Rin. Au départ, il faut avouer que je n’attendais rien de particulier de ces kinetic novels, la lecture des synopsis ne me renvoyant rien de neuf, mais même si j’avais raison du début jusqu’à la fin, je ne peux honnêtement pas dire avoir passé un mauvais moment. Le présent billet est divisé en deux parties afin de traiter Mirai no Kimi to, Subete no Uta ni d’une part, et Rin ga Utau, Mirai no Neiro d’autre part. Comme d’habitude, ne lisez pas la partie sur les personnages si vous souhaitez les découvrir au fur et à mesure de l’histoire (mini spoil pour le héros), idem pour la partie « Mon appréciation générale ».

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Tandis qu’un jeune homme erre dans la rue quelques jours avant Noël, il découvre une fille endormie quasiment nue par terre. Après un moment de panique, il découvre qu’il s’agit en fait d’un androïde, comme on en voit tant maintenant. Réticent à l’idée de l’abandonner, il décide de l’amener chez lui. Cela annonce le début d’une cohabitation avec un androïde pas comme les autres…

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Le protagoniste : On ne connait pas son nom dans le VN. Japonais ordinaire, il vit seul et n’est pas très à l’aise avec les filles. Il faisait partie d’un groupe de musique, mais à cause d’une mésentente, le groupe a dû être dissout, ce qui continue de l’affecter.

Hatsune Miku

La la lala ~

Androïde musical récupéré par le protagoniste, Miku a tout d’une jeune fille normale : elle peut parler, manger, aller aux toilettes, etc. Très jolie, elle ne laisse pas son sauveur indifférent et adore chantonner, malgré son manque de talent au chant. Elle a un goût très prononcé pour les ciboules (green onions). Elle agit souvent comme une petite princesse, un peu égoïste et tsundere par moment, et tient à tout prix à aider le protagoniste pour quelques tâches ménagères (pas toutes, car elle n’est pas une maid robot !) même si elle est maladroite. Elle se vexe facilement quand on lui rappelle la petitesse de sa poitrine.

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Ce qui frappe dès le début, c’est la similarité avec le manga Chobits de Clamp : un héros peu expérimenté avec les filles qui, un beau jour, trouve une jolie fille enveloppée dans des bandages qui s’avère être en fait un androïde, dans un monde où voir ce genre de machines humanoïdes est devenu normal, ça rappelle des souvenirs. Si en plus, le premier mot qu’elle dit est « Mi~ » parce qu’elle ne sait dire rien d’autre au début, la ressemblance est plus que frappante. Après, je ne sais pas si c’est Chobits qui a inventé ce schéma, mais c’est le seul référent que j’ai en tête.

Ah, que de souvenirs…!

Ajouté à cette ressemblance, il y a une foultitude de clichés qui se succèdent à une vitesse folle, que je ne vais pas énumérer parce que c’est toujours bien de les repérer soi-même (allez, au moins un, comme vous avez l’air d’y tenir : Miku reprend son propriétaire parce qu’elle veut être appelée « Miku » tout court, sans le suffixe « –chan »). L’originalité n’est clairement pas au rendez-vous, mais au regard du synopsis, ce n’était pas quelque chose d’inattendu.

L’intrigue se focalise, comme vous pouvez le deviner, sur le quotidien du protagoniste et de Miku. Le début est du slice of life dans toute sa splendeur, même si le scénario prend une tournure relativement plus sérieuse après la moitié du KN.

Ce qui est amusant, c’est que le héros est anonyme et doté d’une personnalité très passe-partout, qui permet au lecteur de s’y identifier. Le but du VN parait alors assez explicite : à vous la possibilité de vivre une romance avec la jolie Hatsune Miku ! Soit dit en passant, la romance en elle-même est niaise et manque de profondeur : elle se développe vraiment à une vitesse hallucinante, même moi j’ai été étonné.

Concernant Miku, elle est stéréotypée au possible, agit comme un personnage de chara-ge. Tous ses faits et gestes, ses bouderies, sa maladresse, son côté princesse à la « World is Mine », son côté tendre visent dans le cœur des fantasmes d’otaku. On sent que le scénariste a voulu offrir aux fans de Miku une kyrielle de scènes mignonnes l’exposant sous les projecteurs. Personnellement, cela ne m’a pas dérangé outre mesure, et il faut avouer que j’ai trouvé cette Miku absolument adorable. Oui, je suis faible contre ce genre de personnages (avec le temps, vous l’avez sans doute compris)…

Elle a tout compris ! *u*

Le KN en soi n’est pas long du tout : il faudra compter grand maximum 4 heures pour le finir

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Pour une œuvre qui n’est pas professionnelle, les dessins de Kohaku Amino sont vraiment beaux. La représentation de Miku est fidèle à l’original, il n’y a pas eu de tentative osée dans le style comme on verrait dans le clip de Love is War.

Effectivement, une telle noirceur n’aurait pas pu coller au KN. Mais franchement, Miku a du style comme ça !

Miku est ici dotée de beaucoup d’expressions dans ses sprites, assez pour que cela ait retenu mon attention.

J’adore quand elle fait cette tête ! I wanna take you home !

Il y a en tout 10 CGs, tous de bonne qualité, qu’il est possible de revoir dans la galerie débloquée après avoir terminé le KN. Comme c’est un KN tout public, il n’y a pas de HCG, juste du fanservice plutôt modéré.

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Il est vraiment dommage qu’il n’y ait pas de voix, mais venant d’une production amateur, c’est assez normal. Et puis, vu que la voix de Miku existe déjà comme étant celle du logiciel Vocaloid, il aurait été bizarre de lui prêter une voix plus humaine. L’idée aurait pu être de doubler Miku grâce au programme, mais je doute du résultat.

Concernant les musiques de fond de MikuKisu, il n’y en a vraiment pas beaucoup. Même si elles sont agréables, elles sont assez anecdotiques, on les oublie vite.

L’écran titre, l’ending et l’épilogue ont la particularité de provenir de chansons connues de Vocaloid, à savoir Sound de baker, White Letter de Gongoss, et Time Limits de North-T. Je trouve plutôt dommage qu’on ne puisse pas accéder à un jukebox pour écouter les thèmes à volonté.

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Mirai no Kimi to, Subete no Uta ni est un KN qui est clairement destiné aux fans de Miku, voire de Vocaloid en général. C’est un visual novel rapide à terminer dont l’histoire rappelle inévitablement Chobits. Les clichés sont monnaie courante, alors si vous êtes moins résistants que moi dans ce domaine, vous n’êtes pas obligé de vous y intéresser. La lecture est néanmoins sympathique, Miku est vraiment adorable, et je me suis pris au jeu malgré la prévisibilité du scénario.

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Rin ga Utau, Mirai no Neiro

Suzunone est le deuxième visual novel de Supplement Time sur Vocaloid. Dans ce KN, il y a deux parties : celle sur Kagamine Rin, et celle sur Hatsune Miku qui est la suite de MikuKisu. Après les avoir terminés, un petit bonus se débloque dans la galerie. Étant donné la brièveté de la route de Miku et du contenu déblocable, je passe sous silence le synopsis de ces deux-là pour éviter le spoil.

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Après avoir beaucoup travaillé pour obtenir un succès naissant, un musicien amateur qui rêve de devenir un jour compositeur professionnel se demande s’il a vraiment trouvé sa voie. En rentrant chez lui, une surprise de taille l’attend : une jeune fille inconnue dort dans son lit ! A son réveil, la demoiselle appelée Rin, qui est en réalité un androïde, demande de but en blanc au musicien de composer une chanson pour elle. Se sentant mal de refuser, le jeune homme ne peut qu’accéder à la requête de l’androïde. Ce sera tout sauf simple, sachant qu’il est habitué à travailler seul.

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Le protagoniste : Malgré son rêve de devenir compositeur professionnel, le protagoniste commence à hésiter dans la voie qu’il est en train d’emprunter. Vivant seul, il n’apprécie pas la compagnie des gens et préfère s’éloigner des conflits qui pourraient naitre de toute relation. On apprend son nom plus tard dans le KN.

Kagamine Rin

Je ne saurais pas qui choisir entre Miku et Rin >3<

Rin est un androïde musical dernier cri qui adore taquiner le protagoniste. Peu soucieuse d’être vue nue, elle prend un malin plaisir à lutter contre la pudicité de son partenaire, bien qu’il lui arrive aussi de s’embarrasser pour de petites choses. Lorsqu’elle se met en tête qu’elle peut réussir quelque chose, Rin est assez têtue pour ne pas accepter de l’aide. Elle a l’appétit d’un ogre et apprécie tout ce qui est jaune. Rin ne passe pas par quatre chemins pour obtenir ce qu’elle veut, quitte à recourir à la manipulation.

Hatsune Miku : Cf. plus haut.

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Il faut d’abord avouer que l’histoire de Rin fait moins penser à celle de Chobits que celle de Miku, voire pas du tout. Cependant, ce n’est pas plus original pour autant, il y a toujours des clichés dont il est difficile de se débarrasser. L’intrigue partage de grandes similarités avec MikuKisu, et ce dès les premières minutes de lecture : le héros découvre un androïde endormi, bien que ce soit dans son lit et pas dehors, elle est également dévêtue, etc. A noter qu’il y a davantage de fanservice dans Suzunone, la faute à une Rin qui ne partage pas le même intérêt pour les vêtements que nous.

« C’est juste qu’il fait trop chaud pour que j’en porte, idiot ! Humpf ! »

Comme l’histoire se focalise sur la collaboration musicale entre le protagoniste et Rin, le lecteur est un poil moins largué que dans MikuKisu puisqu’il sait à peu près où va l’histoire. D’ailleurs, le retournement de situation est assez semblable à celui du premier KN, mais je ne vous en dirai pas plus. Il n’est pas nécessaire d’avoir terminé MikuKisu pour vous mettre à la partie sur Rin vu que les deux histoires ne se touchent pas, mais je pense ne rien vous apprendre en disant qu’il vaut mieux faire la partie sur Miku après avoir bouclé le précédent KN.

Le personnage de Rin s’oppose sur plusieurs points à celui de Miku : alors que Miku ne supporte pas qu’on lui fasse des remarques sur sa poitrine, Rin n’a aucun mal à tourner ce genre de piques en sa faveur pour justement embarrasser le protagoniste. De même, la petite blonde agit plus comme un garçon manqué que comme une princesse. Ces différences ne suffisent pourtant pas à écarter totalement les similitudes qui existent entre l’histoire de Miku et de Rin, dont le déroulement est quasiment identique. D’ailleurs, la romance n’est pas moins niaise et le développement de la relation pas moins accéléré, ce qui pourrait agacer certains.

Concernant la partie sur Miku, elle est très courte, alors que celle sur Rin est presque aussi longue que le premier KN. Il n’y a pas grand-chose à dire, ça ressemble à un contenu de fandisc assez léger qui n’est là que pour montrer un peu plus de Miku. C’est négligeable comparé à la partie sur Rin, mais les fans devraient aimer. Quant au bonus déblocable, je vous le laisse découvrir, mais sachez qu’il est encore plus bref que la suite de MikuKisu.

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La qualité est toujours au rendez-vous, que ce soit pour les sprites ou les CGs. A noter que les sprites de Miku sont les mêmes que ceux qui ont été utilisés dans MikuKisu. On peut déplorer le fait qu’il y ait moins de CGs dans Suzunone : il y en a 8 en tout, dont 6 sur Rin et 2 sur Miku. Certains CGs sont un poil moins réussis, mais ça reste relatif.

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Pas de voix non plus dans ce Suzunone, et les musiques de fond sont toujours aussi transparentes. Tout comme MikuKisu, de vraies chansons issues de Vocaloid  ont été ajoutées à divers moments du KN, à savoir Dog Day Afternoon de Lamune-P à l’écran-titre, Sekai no Kakera de Suzoori dans les crédits de fin, et Finder de kz à la fin de la partie sur Miku. Personnellement, je ne sais pas si elles sont bien choisies, mais ça s’intègre bien au KN.

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Si MikuKisu cible les fans de Miku, Suzunone vise indéniablement les fans de Rin avec une histoire qui ne renouvelle pas la romance, mais qui ne fait pas grincer des dents non plus. A mon sens, ce deuxième KN Vocaloid de Supplement Time perd d’un tout petit peu face au premier, surtout à cause d’une tension moins bien maintenue dans la deuxième moitié du scénario de Rin. Les clichés sont toujours présents, mais c’est une tare qui se retrouve quasiment partout, j’en ai hélas l’impression. En tout cas, j’admets avoir apprécié ces moments que j’ai passés avec Rin et Miku, et je conseille aux fans de Vocaloid de découvrir ces deux personnages à travers les KNs que je viens de présenter.

« Oui, je suis en train de lire un visual novel sur moi. Et alors ? »

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