Après quasiment un mois d’absence dû à mon emploi saisonnier, je reviens sur mon blog adoré avec ma critique de Hinatabokko (HB), un galge/eroge du studio Tarte (nom très original, oui !) sorti en 2004 au Japon, et en 2008 en anglais sous le titre Which girl should I choose? (titre qui irait, soit dit en passant, à beaucoup de galge…) grâce à MangaGamer. Il est suivi d’un fandisc, Hinatarte (2005), qui vient prolonger certaines routes du VN d’origine avec une histoire bonus sur Nanase. Autant le dire tout de suite, je n’avais même pas lu le synopsis que j’avais décidé de commencer ce VN. Il faut dire que le style graphique de HB avait de quoi m’attirer : des filles mignonnes comme tout, des couleurs très douces, des images emplies de tendresse… Bref, j’étais sous le charme, et ces premières impressions que j’avais eues en regardant les images se sont révélées pertinentes… pour le bien comme pour le pire.

En effet, disons-le dès maintenant, HB est un VN qui manque singulièrement de rebondissements. C’est à se demander si le scénariste a essayé de faire son travail pour gagner honnêtement son pain. Si vous cherchez une histoire aux enjeux dignes d’intérêts, faites demi-tour car nous nous trouvons face à un moe-ge dans toute sa splendeur. Pour en savoir plus, c’est par là !

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Depuis la mort de leurs parents, Natsuki Hayami et sa petite sœur ne peuvent plus que compter sur leur tante qui leur fournit un toit et de quoi vivre. Mais la maison dans laquelle ils habitent va être démolie à cause d’un projet de réaménagement urbain. Jugeant s’être assez reposé sur sa tante, Natsuki décide de chercher un emploi et un logement pour sa sœur et lui. Il tombe un jour sur une jeune femme qui lui semble familière et qui s’appelle aussi Natsuki. Elle est en fait la sœur jumelle de Hinata, son ancienne enseignante, dont il était jadis amoureux. De fil en aiguille, l’étudiant se retrouve à travailler dans le petit café tenu par la gentille Hinata et à vivre sous le même toit qu’elle. La concrétisation de ce premier amour pourrait être simple, si seulement d’autres filles ne lui tournaient pas déjà autour…
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Les personnages faisant l’objet d’une route ont le nom écrit en rouge.

Natsuki Hayami : Natsuki est un étudiant qui vit seul avec sa petite sœur Koharu dans la maison de leur tante. A cause de la mort de ses parents, Natsuki a dû apprendre à être autonome, jusqu’à devenir plutôt bon en cuisine. Il n’apprécie pas l’idée d’être trop dépendant de sa tante et préfère travailler pour subvenir aux besoins de Koharu et de lui-même. Sans même le savoir, il a beaucoup de succès auprès des filles qui l’entourent, mais son premier amour demeure Hinata Hiiragi, son ancienne enseignante.

Comme dans la plupart des moe-ge, le héros n’est pas travaillé et souffre d’une absence de profondeur. Natsuki est un jeune homme très ordinaire, et je n’ai pratiquement rien à dire de spécial sur lui. Je ne sais pas s’il est possible de s’attacher à lui tellement il est opaque. Bref, il est d’une banalité affligeante.
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Koharu Hayami : Koharu adore manger, surtout la cuisine de son frère qu’elle engloutit en deux temps trois mouvements. Elle accorde beaucoup d’attention à Natsuki et déteste qu’il ne tienne pas ses promesses (et elle le lui rappelle d’une façon mouvementée !). L’amour que Koharu voue à son frère dépasse celui du cadre strictement fraternel… Elle traine souvent avec ses deux meilleures amies, à savoir Mizu et Suzuno. Elle s’entend également bien avec Nanase, la petite sœur de Hinata.

On a ici affaire à une imouto classique, qui adore son frère plus que de raison. Mon penchant pour les imouto m’a conduit à avoir un minimum de sympathie envers Koharu, mais pas assez pour que j’affirme avoir totalement adhéré à ce personnage. Tout comme le héros, elle aurait mérité d’être davantage développée car à part être mignonne, Koharu n’a pas d’autres cordes à son arc.
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Koori Kujou : Amie d’enfance de Natsuki, Koori est un vrai garçon manqué qui vient d’une famille aisée. Elle s’emporte facilement et ses changements d’humeur sont assez déconcertants. Elle est amoureuse de Natsuki mais n’ose pas se déclarer.

Une amie d’enfance tsundere comme on en voit déjà beaucoup dans le paysage… Le personnage de Koori n’innove en rien la tendance et il s’avère particulièrement inintéressant. Je ne vois pas pourquoi je m’amuserais à développer mon avis sur ce personnage ou sa route, dont l’utilité est plus que douteuse.
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Mizu Kujou : Mizu est une fille maladroite et un peu timide qui a la curieuse manie de révéler involontairement les secrets qu’on lui demande de garder, surtout ceux de sa grande sœur, Koori.

Pas mieux que sa sœur. Comme personnage secondaire, elle remplit bien son rôle.
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Hinata Hiiragi : Très gentille, Hinata était autrefois une enseignante ayant beaucoup de succès auprès de ses élèves. Comme elle a aussi connu la perte de ses parents, Hinata a aidé psychologiquement Natsuki à s’en remettre quand il était encore son élève. Dorénavant, elle s’occupe d’un petit café appelé Koharu Biyori. Elle a une sœur jumelle, Natsuki, et une petite sœur, Nanase.

Son petit rire, son sourire, sa voix, sa gentillesse… Hinata est adorable ! Mais on se demande parfois si elle est réellement une adulte vu sa naïveté et son physique de collégienne. De même, il m’est difficile de croire que cette douce femme était un ancien membre du corps enseignant : elle manque de sévérité, mais pas de charme !
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Natsuki Hiiragi : Contrairement à sa jumelle, Natsuki (comme le nom du héros, mais avec un sens différent) est loin d’être ingénue. Elle aime taquiner et jouer des tours à ses amis, notamment en se faisant passer pour sa sœur Hinata. Sa profession reste un mystère.

Je l’ai trouvé moins mignonne qu’Hinata, tant au niveau physique que comportemental, mais elle ne s’en sort pas si mal que ça, surtout comparé à Koori.
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Nanase Hiiragi : Nanase est la petite sœur de Natsuki et de Hinata, bien qu’elle appelle cette dernière sa « maman ». Elle n’est pas à l’aise avec les étrangers (surtout les hommes), mais ça ne l’a pas empêché de se lier d’amitié avec Koharu. Nanase peut se montrer égoïste et voit d’un très mauvais œil l’arrivée du frère de Koharu, qui pourrait lui enlever sa « maman ».

Une vraie petite peste au début ! Mais je savais parfaitement qu’un évènement modifierait son attitude envers Natsuki, et je ne me suis pas trompé. Nanase est devenue d’un coup plus supportable. Cependant, cette prévisibilité ne m’a pas permis d’apprécier davantage le personnage après le changement. Elle n’occupe de l’importance que dans les routes d’Hinata et Natsuki. Nanase n’a pas de route dans le VN, mais bénéficie d’une histoire bonus dans le fandisc Hinatarte.
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Shizuma Kisaragi : Autre ami d’enfancede Natsuki, Shizuma est un jeune homme très apprécié sur lequel les professeurs peuvent compter. C’est le seul du trio qui a le permis de conduire, ce qui s’avère d’une aide précieuse. Il a une petite sœur nommée Suzuno.

Sans doute le personnage le plus intrigant ! Je m’attendais un peu au twist lorsque j’ai remarqué que Shizuma avait sa propre route, mais voir que j’avais raison m’a quand même surpris (non pas que j’aie souvent tort !).
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Suzuno Kisaragi : Suzuno a tout de la petite princesse adorable et calme dont la beauté capture le regard. Bien qu’elle soit la jeune sœur de Shizuma, Suzuno ne le traite pas vraiment comme un grand frère. Très douée à l’aïkido, elle s’occupe du dojo familial en donnant des cours. Sans surprise, elle est aussi amoureuse de Natsuki.

Sa voix me rappelle celle de Sakura dans Da Capo ! A part ça, Suzuno est une fille charmante et bien élevée que j’ai modérément appréciée, à l’instar des autres personnages.
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Autant le dire tout de suite, Hinatabokko fait partie de ces œuvres très creux dont il est difficile de dire du bien. Vous pouvez même remarquer que je me forçais à commenter les différents personnages tellement ils sont sans profondeur : il n’y a pratiquement rien à en tirer ! Le héros ne sert à rien, l’amie d’enfance non plus, et ce n’est pas la jolie voix de Hinata qui va changer grand-chose à leur platitude. Si ce n’est pas le côté extrêmement stéréotypé des protagonistes qui exaspère, c’est l’absence mortelle d’action qui injecte du sel dans les veines. Même si HB est un moe-ge, cela ne justifie en rien la lenteur et l’inutilité de la quasi-totalité des routes ! Il ne se passe rien, mais vraiment rien ! Tout est tellement… ordinaire, banal… ! Même le moe de ce moe-ge est insignifiant.

Pour en revenir aux personnages, toutes les filles sont amoureuses de Natsuki, le héros. Pourtant, il y a un très gros problème concernant la crédibilité de cet amour : Natsuki est effacé à tel point qu’on s’enquiert de son existence. Comment des filles pourraient tomber sous le charme d’un type aussi mollasson ? Dans les galge les plus clichés que je connaisse, il y a TOUJOURS un élément qui déclenche l’intérêt des héroïnes pour le héros, dont principalement la gentillesse qui le pousse à aider n’importe quelle demoiselle en détresse. C’est par cette manie de s’impliquer dans les affaires des filles que le héros attise normalement leur intérêt. Mais ici, niet ! Si je peux citer la route de la jumelle de Hinata, dans laquelle il espionne à un moment donné la demoiselle, Natsuki demeure d’une passivité révoltante. J’aurais encore préféré le recours à des ressorts scénaristiques complètement usés que cette espèce de tige qu’on appellerait à tort intrigue. Par exemple, le scénariste aurait pu, j’sais pas moi, justifier le penchant de Koori envers Natsuki en se référant à une scène de leur enfance où ce dernier l’aurait protégée ! Quelque chose d’aussi simple, d’aussi cliché, aurait pu faire l’affaire, et j’aurais juste relevé le manque de recherche. Mais dans notre cas, Koori est amoureuse de Natsuki, point. Ne cherchez pas à comprendre, c’est une amie d’enfance. Ok. Sinon, les seules routes où il se passe un truc qui se rapprocherait d’un rebondissement, ce sont celles de Hinata, Natsuki et Shizuma. Le reste ne vaut même pas la peine d’être lu.

Preuve que le scénariste ne s’est pas foulé : à part celles des jumelles qui durent 30 minutes à peu près, les autres routes se finissent en à peine un quart d’heure ! Bien développer une relation amoureuse ou n’importe quoi d’autre en un quart d’heure, ça relève un peu du miracle à mon humble avis. Les routes suivent toutes le même schéma après le tronc commun, à savoir la déclaration d’amour (d’une crédibilité plus que douteuse), les deux scènes H séparées par un intervalle de quelques minutes, et l’épilogue dans lequel Natsuki se vante d’avoir rencontré la femme de sa vie (alors qu’avant la déclaration, il affichait autant de sentiments qu’une carpe).

A côté de ces défauts tenant au scénario lui-même, on peut ajouter la traduction boiteuse de MangaGamer, qui manque franchement de professionnalisme. Des fautes de frappe, des appellations qui changent, le basculement illogique dans la narration entre la première personne et la troisième personne… A l’époque où je lisais les Da Capo, je ne me rappelle pas avoir vu des énormités pareilles !

Je n’exucserai pas une telle faute…

Un coup, le narrateur est à la première personne…

… et quand ça le prend, il parle à la troisième personne.

De même, la doubleuse dit « Natsu-nii ». Mais on a droit à « Bro », « Natsuki » et enfin « Natsu-nii »…

Bref, en 7 heures de lecture environ, la déception ressentie est grande.

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S’il y a bien un seul aspect de HB qui ne mérite pas d’être montré du doigt, c’est le style graphique. D’ailleurs, j’ai commencé cette critique en mentionnant ce détail qui m’avait accroché. Graphiquement, je ne peux rien reprocher à ce charadesign moe et à ces couleurs pastel très agréables aux yeux. L’artiste, Fue, a aussi été chargé des dessins de Katahane, un autre VN de Tarte, et ça saute aux yeux. Le seul souci, si c’en est un, réside dans le fait que les adultes ne font pas leur âge. Hinata (et par voie de conséquence, sa jumelle) ressemble plus à une collégienne/lycéenne qu’à une femme mature, ce qui rend sa précédente profession invraisemblable.

Soyons francs, une prof comme ça, c’est « Omochikaeri » direct !

On note la présence d’une galerie de CGs, mais elle s’avère incomplète dans la mesure où il est impossible de revoir les différentes variations d’un même CG. Un problème imputable à la version originale du VN ou à celle de MangaGamer ? Je n’ai pas la réponse.
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Les pistes sont dépourvues d’originalité, il n’y en a aucune qui frappe le lecteur. Par contre, l’opening et l’ending valent le détour, surtout l’ending, qui est une vraie récompense venant consoler le lecteur après chacune des routes écrites à la va-vite.

A propos des voix, celle de Hinata est vraiment fabuleuse… ! Une bouffée d’air frais à chaque fois qu’elle parle. J’ai aussi l’impression que certaines seiyuus de Da Capo se sont glissées dans le cast : celle de Minatsu pour Koharu et celle de Sakura pour Suzuno, mais je me trompe peut-être. En tout cas, leurs voix se ressemblent !
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Malheureusement, Hinatabokko est un VN qui m’a déçu. En l’absence d’intrigue, on se rabat généralement sur les personnages, mais ceux-ci ne sont guère attachants en l’espèce. Si les relations amoureuses dans les galge ne sont pas un modèle de crédibilité, celles de HB réussissent à faire pire… On s’ennuie ferme, malgré trois routes qui remontent un peu le niveau.

C’est triste à dire, mais le style graphique qui m’avait harponné était en fait le beau papier cadeau d’une boite sinistrement vide.

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