Tuturu ~ ! Deux articles dans le même mois, c’est quand même pas mal, je trouve ! Celui d’aujourd’hui portera sur Sono Yokogao wo Mitsumete Shimau ~A Profile Kanzenban~, un galge d’Akabei Soft 2 sorti en 2006 qui est en fait le remake d’A Profile, un VN créé un an plus tôt à l’époque où la société était encore un groupe amateur, Akabei Soft (premier du nom). Pour des raisons de commodité, je désignerai ce VN sous la seule appellation d’A Profile.

La seule raison pour laquelle j’ai commencé A Profile, c’était la promesse de pouvoir revivre les moments géniaux que j’ai passés avec Sharin no Kuni et G-senjou no maou, ces deux VNs venant aussi d’Akabei Soft 2 et étant écrits par le même scénariste, Looseboy. J’avais cependant beaucoup hésité à cause des rumeurs tenant à la présence de netorare dans A Profile, quelque chose qui me rebute énormément. J’ai donc pris mon courage à deux mains et espéré ressortir de cette expérience en regrettant de ne pas l’avoir lu plus tôt.

Comme j’imagine que la plupart des personnes intéressées par A Profile ont déjà lu SnK ou GSnM (ce n’est qu’une présomption simple, toutefois), mon billet comportera beaucoup de comparaisons avec ces deux-là, histoire que vous sachiez à quoi vous attendre à peu près.

Tenez, v-voilà l’article… Surtout, ne pensez pas que j-j’ai écrit cet article spécialement pour v-vous, hein… Il se trouve que j’avais un peu de temps entre mes devoirs et… P-Pourquoi vous souriez ? Humph ! *fait la moue*

Dans une ville où règne la délinquance, la prostitution et les trafics en tout genre, Masayuki essaie de voir les choses du bon côté. Il se rend chaque jour dans un lycée horrible où les professeurs sont peu motivés pour enseigner et où les élèves se désintéressent complètement de leur avenir. L’implication de Masayuki dans ses études le place sous les feux de la jalousie de ses camarades, mais il parvient à conserver son optimisme. Il est décidé à vivre de bons moments avec ses quelques amis en évitant à tout prix les ennuis, quitte à fermer les yeux sur leurs mensonges. Il tient à oublier tout ce qui touche à son ancienne vie. Cependant, certaines circonstances vont l’obliger à remettre les pieds dans l’enfer de son passé.

 

Masayuki Hayama : Masayuki est un lycéen qui n’a que peu d’amis mais qui a une confiance aveugle en eux. Il aime taquiner les gens qu’il apprécie et semble être le seul du lycée à vouloir entrer à l’université, ce qui attire la jalousie de ses camarades mais suscite l’espoir de ses professeurs. Il n’est pas particulièrement brillant mais fait son possible pour réussir. Il ferme les yeux sur la criminalité de la ville et tâche de penser positivement. Il vit avec sa belle-mère et sa demi-sœur, Rizu.

Comme je l’ai dit dans l’introduction, je risque de faire beaucoup de comparaisons entre A Profile et les deux chefs d’œuvre d’Akabei Soft 2. Autant commencer tout de suite ! Masayuki est un protagoniste qui a sensiblement moins de caractère qu’un Kyousuke ou qu’un Kenichi. Il est d’une naïveté poussée à l’extrême, mais quand on apprend un peu plus sur son passé, on remarque qu’il n’est pas si mou que ça.

Mon plus grand regret est que son côté badass n’apparaisse que dans la route de Rizu, et encore, à des années lumières de ce qu’on a pu voir dans GSnM ou SnK. Une petite déception en somme, bien qu’il ait son propre charme.

 

Rizu Hayama : Demi-sœur de Masayuki, Rizu est une fille un poil égoïste mais très attachée à son grand frère. Lorsqu’elle a du mal à trouver le sommeil, elle a l’habitude de demander la compagnie de son frère afin de mieux dormir. Sa manie de se lever tard force Masayuki et elle à se livrer une course chaque matin pour ne pas arriver en retard à l’école. Sa passion est de collectionner les timbres.

Comme vous le savez, j’ai toujours eu un faible pour les personnages imouto (même si ma préférence va pour les onee-san quand il y en a…). Rizu est l’archétype de la petite sœur possessive qui n’a pas envie que son frère s’éloigne ou se désintéresse d’elle. Et vu qu’elle a sa route, vous aurez deviné qu’elle est follement amoureuse de Masayuki et soulagée de n’avoir aucun lien de sang avec ce dernier. En tant que personnage, elle n’est pas ennuyeuse ni particulièrement intéressante, mais comme c’est une imouto, elle ne peut avoir un avis véritablement négatif de ma part. Elle est en tout cas plus supportable que Chinami de Hoshizora no Memoria, c’est sûr !

Comme on est obligé de passer par sa route au début, c’est la première que j’ai lue et elle est bien rythmée. Une fois que la machine est lancée, on peut difficilement arrêter la lecture tellement elle est captivante ! La trame est très simple mais d’une redoutable efficacité. On découvre le passé de Rizu et l’évolution de sa relation avec Masayuki depuis le début de leur rencontre. Sachant à quoi m’en tenir avec Looseboy, j’ai échafaudé plusieurs théories pour trouver l’identité de l’antagoniste, mais je suis tombé dans le piège comme un bleu… Elle demeure, selon moi, la route la plus représentative du style de Looseboy et ma préférée, avec son beau twist, un passé dramatique et un héros qui montre son côté badass. Les deux autres routes sont… différentes.

La route de Rizu comporte une vraie fin et une fin normale.

 

Miou Souma : Amie d’enfance de Masayuki, Miou est une lycéenne toute gentille et innocente qui ne sort pas de l’ordinaire. D’ailleurs, sa normalité est un sujet de plaisanterie que ressasse volontiers le protagoniste, à son grand désarroi. Avec Kaine, Miou fait partie des rares amis que côtoie Masayuki au lycée.

Ah, Miou… C’est un sujet sensible, très sensible même. Ce qui m’a sauté aux yeux au premier abord, c’est son chara design, franchement à mon goût. C’est la plus jolie des trois héroïnes selon moi. Mais si l’appréciation que l’on a d’un personnage se résumait à son physique, ce serait beaucoup trop simple. Après avoir terminé la route de Rizu, je me suis tourné vers la route de Miou en appréhendant grandement son histoire. Ce que j’ai eu comme aperçu dans la route précédente m’avait suffisamment contrarié pour que je prenne des gants.

Je vais être franc avec vous, j’ai détesté sa route. Elle n’est pas mauvaise en soi, elle est même très prenante, mais le thème qu’elle aborde m’est personnellement insupportable. C’est malheureux que cette route n’ait pas trouvé en moi le lecteur qui aurait pu l’apprécier à sa juste valeur. Prostitution et netorare, la route de Miou sort le grand jeu avec une ambiance que j’ai trouvée pesante, stressante et insupportable. J’avais une espèce de poids dans le ventre lorsque je la voyais mentir à tout va, se laisser aller à la débauche avec des inconnus (sans image explicite des scènes, heureusement). Avec ma sensibilité à fleur de peau, je trouvais ça… dégueulasse. Le netorare, ce n’est franchement pas ma tasse de thé. On voit que Looseboy a essayé de rassurer le lecteur vers la fin, mais ça n’a pas pris dans mon cas. J’ai ressenti comme un énorme sentiment d’inachevé très désagréable. Paradoxalement, je ne parviens pas vraiment à détester Miou… Peut-être parce qu’elle m’a bien fait rire avec sa normalité, quand l’histoire était encore calme…

La route de Miou comporte une vraie fin et une mauvaise fin.

 

Miku Ono : Miku est une camarade de classe que Masayuki connait depuis la première année. Belle mais froide, elle n’a pas d’amis et préfère rester seule. Miku ne parle normalement avec personne, mais échange quelques mots avec Masayuki le matin quand elle le rencontre dans le couloir. Elle a l’habitude de rester dans la salle de classe après les cours pour nettoyer.

Miku est un personnage qu’on n’aime vraiment qu’après avoir fait sa route, vu qu’elle n’est pas marquante dans les deux autres. Elle devient absolument adorable lorsqu’on découvre sa vraie nature et ses motivations, tout le contraire de Miou. Sans doute la fille que j’ai le plus appréciée dans le VN, même si je m’attendais aux révélations quant à son caractère, un chouïa maladroit dans la mise en scène.

Sa route est la plus étonnante venant de Looseboy. Je n’ai pas du tout retrouvé son style, sa patte : il n’a pas essayé de nous rompre le cou avec un twist comme dans la route de Rizu, ni imposer une ambiance insoutenable comme dans celle de Miou. L’histoire de Miku est en réalité plutôt rose bonbon, avec une romance au ton relativement grave que l’on trouverait dans un galge comme Da Capo/Shuffle/etc. C’est une route que j’ai quand même pris plaisir à lire, bien que j’aie un doute sur l’identité du scénariste tant elle change du reste de ses œuvres.

La route de Miku comporte une vraie fin et une fin normale.

 

Le début est très ordinaire et regroupe pas mal de clichés, sans doute de manière volontaire pour accentuer le contraste entre le tronc commun et les routes. On a donc doit à la petite sœur qui dort en parlant alors que son frère la réveille, le quasi-retard pour l’école qui s’accompagne d’une course, et une journée normale au lycée avec les amis un peu bizarres du héros. Et rebelote plusieurs fois.

Les premières minutes peuvent paraitre ennuyeuses à cause de cette monotonie, mais on rejoint très rapidement une des trois routes après quelques choix, et petit à petit, des graffitis ornent des pans du mur scénaristique. Des détails sombres se rajoutent, un par un, ça devient dérangeant, le lecteur s’attend à ce que ça se poursuive, puis ça redevient normal, comme un ballon de baudruche qu’on gonflerait à fond avant de relâcher l’air.

Il est inutile que je m’éternise sur les trois routes d’A Profile, que j’ai suffisamment commentées dans la partie précédente. Mais sachez que tout le VN est centré sur l’idée qu’il ne faut pas se fier aveuglement à son entourage, pas même à ses meilleurs amis. Il est nécessaire d’aller au-delà des apparences, de ne pas être bloqué par l’image qu’on avait de la personne plusieurs années auparavant, et de réfléchir aux raisons qui poussent untel à agir de la sorte. Une fleur, même la plus pure, finit irrémédiablement par perdre ses couleurs et faner, surtout si elle a été souillée par la main de l’homme.

En cela, les personnages d’A Profile ont un fond qui est plus ou moins développé, et aucun d’entre eux n’est en réalité ce qu’il paraissait être au début de l’histoire. Que ce soit pour la naïveté du héros, l’innocence de Miou, la joie de vivre de Rizu, la froideur de Miku, la bêtise de Kaine, peut-on se contenter de caractériser une personne par un seul attribut, qui peut être mensonger ? Les apparences peuvent être trompeuses. C’est ça, toute la philosophie de ce VN.

Ce passage était vraiment beau *__* Le CG aussi, d’ailleurs.

Le problème avec A Profile, c’est qu’il souffre de la comparaison avec les deux autres VNs d’Akabei Soft 2 sortis après, à savoir Sharin no Kuni et G-senjou no Maou, qui le surclassent totalement. Il manque chez A Profile des scènes totalement folles où le héros agit comme un vrai badass, des enchainements de twists renversants et un concept original (milieu mafieux pour GSnM, et système des obligations pour SnK). On pourrait avancer, avec des pincettes, que ce VN est un GSnM ou un SnK allégé. Étant donné que la trame du VN provient de l’époque d’Akabei Soft, qui est rappelons-le un groupe amateur, cette remarque n’est en aucun cas un reproche.

Bien que je n’aie pas accroché autant à A Profile qu’aux deux chefs d’œuvre précités, il m’a permis de découvrir de bonnes histoires (malgré le thème horrible de la route de Miou…) dont la lecture est captivante et difficile à interrompre une fois commencée. L’ennui ne pointe pas le bout de son nez, ou bien le fait-il sur la pointe des pieds.

Comme c’est un eroge, une scène H est présente à la fin de chacune des trois routes. Il est possible de les revoir dans la galerie dédiée.

En tout, il faudra compter une dizaine d’heures pour terminer A Profile, ce qui est court comparé aux deux autres d’Akabei Soft 2.

Comme je l’ai dit dans mon introduction, les graphismes ont été améliorés depuis la première version d’A Profile grâce au concours de l’artiste phare d’Akabei Soft 2, Alpha. C’est beau, bien que moins abouti que GSnM ou SnK. Contrairement aux CGs qui ont été grandement aménagés (pour le mieux !), les sprites n’ont fait l’objet que de subtils changements, d’où le vestige d’une certaine gaucherie dans le dessin. C’est surtout flagrant chez Rizu, à l’opposé des sprites de Miou qui sont impeccables. Sinon, les yeux trop prononcés de Miku lui donnent un air un peu bizarre, mais rien de criminel.

On note des passages sous le format NVL à l’instar de GSnM, dans lesquels la narration passe de la première personne à la troisième personne afin d’explorer les pensées d’un personnage autre que le héros (le plus souvent, une des trois héroïnes). Ce changement de point de vue est une arme redoutable dont va se servir Looseboy pour tisser sournoisement sa toile.

Les CGs (au nombre de 52), les différentes fins (sauf la Bad end de Miou) et les scènes H peuvent être revisionnés dans la galerie.

Alors, au niveau sonore, les musiques ont un air de ressemblance avec celles qu’a composées tiko-µ pour SnK et GSnM. Par exemple, la piste reason to be I qui marque le début de SnK me rappelle franchement la piste n°20 qui accompagne le début d’A Profile, en dépit de la différence de ton (d’ailleurs, cette piste est ma préférée, elle est tellement douce et belle, un vrai plaisir…).

De même, la piste blind (n°14) pourrait provenir de GSnM tant elle se rapproche du style musical de tiko-µ. Bien entendu, je ne me fie qu’à mes oreilles et il est tout à fait possible que je me trompe, mais ça ne m’étonnerait pas que tiko-µ soit à l’origine de l’OST d’A Profile.

Bon, à part ce rapprochement dont la pertinence demeure incertaine, les pistes sont de bonne facture. Certaines dégagent une noirceur qui colle à merveille les passages concernés et aggravent délicieusement l’atmosphère jusqu’à provoquer des frissons.

J’aime la manière dont a été intégré l’opening (n°23), coupant la route à un moment fort dans une volonté de suspense, mais l’opening lui-même me plait seulement durant les premières secondes avant l’arrivée de la voix, que je juge trop enfantine… L’ending (n°24) est quant à lui plus appréciable pour les oreilles.

A Profile est un VN qui est loin de pouvoir rivaliser avec SnK et GSnM, mais qui est digne d’intérêt pour les amateurs de romance ne supportant pas la niaiserie et le calme d’une relation parfaite. Soit dit en passant, ceux qui ne supportent absolument pas le netorare devront faire une croix sur la route de Miou.

Les fans d’Akabei Soft 2 risqueront d’être déçus de ne pas retrouver fidèlement tout ce qui a fait le succès de SnK et de GSnM, à savoir un héros complètement abusé, des retournements de situation abusés (mais tellement jouissifs !), des ennemis abusés… On a droit à ces éléments, mais de façon diluée. Si vous n’avez pas commencé un VN d’Akabei Soft 2 et que vous êtes tenté, je vous conseille de vous faire les dents sur A Profile avant de vous attaquer aux deux autres, histoire de ne pas connaitre la déception. Avec sa dizaine d’heures, il n’est pas long à finir. Après, rien ne dit que les fans vont forcément être déçus, mais il y a un risque.

Pour ma part, A Profile est moins épique que le duo gagnant, mais mériterait qu’on s’y attarde.

A bientôt pour un autre article, onii-chan ~ *chuu*